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Juin 2009:

Travaux au squat, ça donne ça:


Mai 2009:

Lundi 18 mai, 8h30, la porte d'entrée du squat le « Pied De Biche » vole en
éclat. Les forces du désordre font usage de leur bélier, après avoir soit
disant sonner, alors qu'on a plus de sonnette depuis une descente de fafs, il
y a quelque mois. Le bruit nous réveille. Dans la cour, une dizaine de
flics en uniforme et tout autant de civil armé qui commencent à envahir les
étages du bâtiment principal. Lorsqu'ils arrivent à notre étage, nous sommes
à moitié nus. Ils sont une demi douzaine à se rincer l'oeil avec un sourire
narquois et à nous dire de nous habiller. Quand J., une habitante du squat,
demande pourquoi ils sont là, ils lui répondent qu'on est pas chez nous et
de nous dépêcher de nous habiller. Nous pensons alors être expulsés, sans
même qu'il y ait eu de procédure. Lorsque je demande la raison de ce bordel,
ils me répondent qu'ils ont besoin de nous auditionner pour une affaire de
dégradation, sans rien dire de plus. Avant de descendre, l'un d'eux nous
demande si nous avons des objets de valeurs, à quoi je réponds que toute
notre vie se trouve entre ces murs. Un petit blanc s'installe avant qu'il
réplique de ranger ces dits objets, pour pas qu'on accuse la police de vol.

En descendant, nous voyons notre colocataire, entouré de 5 flics, contrôlant
son identité. Chacune des pièces de la maison et des dépendances sera
visitée par les pandores. En sortant dans la rue, accompagnés de 6 hommes de
la BAC et de quelques uniformes, nous voyons encore des flics. De nombreuses
voitures sont garées dans la rue Lamartine et dans la rue Walvein. En tout,
une bonne trentaine de flics en uniforme et de la BAC. D'ailleurs, il y a
plus de BAC que d'uniforme.


Au commissariat, j'apprendrai, seulement après l'avoir demandé, que je suis
en garde à vue. On ne m'informe pas de mes droits et je ne connais toujours
pas le motif exact de tout ce cinéma. Le flic ne fait que tapé sur le
clavier de son ordinateur. Sur les mur des dizaines d'articles de journaux
relatant tout autant d'embastillement. Surement les « exploits » du chien de
garde qui m'auditionne. Il daigne enfin m'informer de la raison exact pour
laquelle je suis devant lui : DEGRADATION VOLONTAIRE D'UNE VITRINE DE LA
SOCIETE ADIA INTERIM A L'AIDE D'UNE BOUCHE D'EGOUT LORS D'UNE MANIFESTATION
INTERDITE LE JEUDI 14 MAI 2009. Je demande aussitôt à voir un avocat, un
médecin, ainsi que prévenir une personne proche, et je précise que je
garderais le silence jusqu'à ce que mes droits soient appliqués.


*Ce jeudi 14 mai, un l'appel des étudiants pour une manifestation de nuit
contre la marchandisation de l'Université et de l'éducation en général avait
été lancé. L'idée de faire une manifestation de nuit permettait aussi de
protester contre la politique de la mairie qui interdit tout rassemblement
festif, concert et autres dans la ville. Environ 150 personnes avaient
répondu à l'appel. Il y avait des étudiants pour une grande partie, mais
aussi des travailleurs, des chômeurs, des SDF... La manifestation était
festive et joyeuse. En arrivant place de la Victoire, le cortége s'arrête
quelque instant. Les banderoles se mettent devant l'agence d'intérim qui
fournit la main d'œuvre nécessaire au déblocage de l'université. Des
individus commencent à peindre des slogans. A ce moment, je suis à une
dizaine de mètres de la vitrine en train de regarder un cracheur de feu,
présent pour l'occasion. Soudain un bruit sourd retentit : la vitrine de
l'agence d'intérim est brisée. Tout le monde est surpris. Le temps s'arrête
quelques secondes. Puis la manifestation repart déambuler dans les rues du
vieux Tours. Selon la police, un témoin m'aurai vu jeté la bouche d'égout
dans la vitrine à deux reprises. *


Au poste, des coups de fil sont passés, à ma famille et à mon avocat. Dans
la foulée, je suis descendu sous bonne garde dans une cage où j'ai droit à
une fouille. Je finirai en caleçon sous la caméra d'une cellule peu éclairé.
Le flic me demande de me rahabiller. Avant de me mettre en cellule, il me
demande mes lunettes. Je refuse, en lui disant qu'« *il ne demanderai jamais
son pacemeaker à un cardiaque* ». Il me menace, je lui donne. Puis il me met
dans la cellule juste en face de son bureau. Lors de la visite du médecin,
je n'ai droit qu'à une prise de tension. Le médecin me demande si je suis
sous subutex, je lui répond que *« la peau qu'il voit sur mes os, c'est pas
la came, mais la dalle qui me ronge. »* L'entretien se termine par quelques
blagues sur Sarkozy auxquelles seul le médecin et le flic, présent lors de
l'entretien, se marrent. Avant d'être remis en cellule, je remarque sur la
montre du doc', il est à peine 10h30. Une heure plus tard, je retourne dans
les bureaux pour une seconde audition. On tourne et retourne dans les
couloirs et les étages. Je suis complètement perdu dans ce bâtiment. Nouveau
flic, nouveau bureau, nouveau décor. Sur le mur, des photos du film les
TONTONS FLINGUEURS (la scène où ils se prennent une cuite), une carte de la
police grand format avec Coluche en photo, ça me fait sourire. Dans cet
enfer, on se détend comme on peut ! L'audition porte sur mon mode de vie,
mon logement, mes ressources, etc... Puis vient, de nouveau, une question
sur l'affaire. Je réponds la même chose qu'à son collègue, à savoir que je
n'ai rien à dire et que je souhaite voir mon avocat. De retour au rez de
chaussée, en cellule. Sur le chemin, je croise J., sur un banc dans un
couloir. Je lui dit discrètement « avocat ». J'ignore si elle est ou pas en
garde à vue.


La cage, quelques mètres carrés de béton recouvert d'une fine pellicule de
peinture, elle-même recouverte de crasse, de trace de merde et de sang. Sans
parler de l'odeur, à gerber ! De plus, il y a la clim, ou un ventilo qui
tourne en permanence. Mon attention se tourne vers les tâches de sang. Ça
fait une ligne de tâches éclatées et quasi rectiligne, comme si vous preniez
un pinceau imbibé de peinture, et que vous donniez un coup sec dans le vide.
La plus grosse tâche fait presque la taille de mon pouce. Je tourne et
retourne dans la petite cellule. Le temps passe... très lentement. J'ai
droit à un repas, sans goût. J'essaie de dormir un peu, mais impossible, il
y a toujours une porte qui claque, un boulet qui vient vous déranger pour
rien... Toujours ce foutu ventilo. Un peu plus tard, j'entends du chahut.
J'approche de la vitre, et vois une troupe de flic traînant un homme a
terre, menotté dans le dos. L'homme est amorphe, il ne dit pas un mot. Ils
remarquent que je les regarde, et trainent donc le type à l'abri des
regards, dans un autre couloir. J'entends des cris pendant quelques
instants. Plusieurs flics rejoignent l'attroupement. Puis plus rien. Pendant
une ou deux minutes, il y a un silence total. Puis les flics quittent la
scène. Ils sont près d'une douzaine. L'un d'eux a des vêtements dans les
mains. Les trois derniers tiennent l'homme, toujours aussi calme, mais
semble être un peu dans les vapes.


J'essaie de visualiser la configuration du bâtiment pour me rassurer. Vers
15h, je vois enfin mon avocat. Je lui précise les conditions dans lesquelles
je suis retenu. Le sang sur les mûrs, l'homme trainé au sol, mes lunettes...
Je lui demande des nouvelles de J. J'apprends qu'elle est libre, et qu'elle
était entendue en tant que témoin. Puis nous parlons de mon cas. Je lui
explique comment s'est passé la manifestation, et que le soit disant témoin
n'a pas pu me reconnaître en train de jeter la bouche d'égout, car je ne
l'ai pas jeté. Elle me conseille de détailler au maximum les faits, de
demander une confrontation avec le témoin, ainsi que d'aller sur les lieux
des événements. Avant de partir, mon avocat demandera, à voir la cellule
dans laquelle je suis. Ce qui lui sera refuser. Elle demande aussi que mes
lunette me soit rendu. Nouveau refus. Elle laisse une réclamation écrite, et
me dit que dehors, les copains me soutiennent. Ca fait du bien au moral !


A peine, une heure après la visite de mon avocat, je remonte dans les
étages pour une troisième audition. Dans les couloirs, les humiliations
continuent, j'aurai droit à des brimades, des remarques à deux balles. Ils
veulent me provoquer pour que je craque. Les deux premières auditions
s'étaient à peu près bien passées. Celle-ci est beaucoup plus tendue. Le
flic est stressé et énervé. Je suis calme. Dans le bureau, il me pose des
questions auxquelles je réponds avec détail comme me l'a conseillé mon
avocat. Il note que ce qu'il a envie de noter. Je lui dit, mais il refuse de
compléter ma déposition. Je demande une confrontation avec le témoin. Il me
répond que ce n'est pas moi qui choisis la procédure. Je demande aussi à
pouvoir aller sur les lieux pour montrer et démontrer que je ne pouvais pas
être le lanceur de plaque d'égout. Nouveau refus. L'audition tourne court,
il note à la fin du rapport : « Je maintiens que je suis innocent », puis
imprime et me le donne pour que je signe. Je relis, complète ce qu'il a
volontairement omis. Il s'énerve, m'arrache le papier des mains, et me dis :
« Qu'est-ce tu fais ? T'écris pas sur MON papier, c'est MON papier. » Il
m'arrache le PV des mains et le déchire ; puis en imprime une nouvelle série
avant de me le tendre de nouveau pour le signer. Je lui dis que dans ces
conditions, il était hors de question de signer quoi que ce soit. Il
s'énerve un fois de plus, et me ramène en cellule. Pendant tout le trajet,
j'ai le droit de nouveau à des remarques désobligeantes et me laisse pourrir
de nouveau en cage.

Je sortirai de garde à vue un peu avant 18h, avec une convocation au
tribunal de tours le 12 août 2009 à 9h pour être jugé pour dégradation
volontaire d'un bien, en l'occurrence le bris d'une vitrine de la société
Adia Interim. Je risque 2 ans de prisons et 30 000 euros d'amende. Dans le
contexte actuel, où les gouvernants « orientent » les décisions de justice,
je n'attends rien de cette procédure judiciaire qui vise à me marginaliser.
Que ce soit individuellement ou collectivement, les tribunaux condamnent, et
ce, même en absences de preuves, se pliant, volontiers, à la volonté
politique de criminaliser tous ceux qui résistent, luttent et tentent de
s'extraire du système capitaliste. Face à un tel désir répressif, aucune
défense juridique ne tient la route. Je reste donc persuader que la
meilleure des défenses consiste à affaiblir les racines de cette mascarade
« démocratique », les tenants du pouvoir politique et économique.


LA ROUE TOURNE...

PAS DE JUSTICE, PAS DE PAIX

FEU AUX PRISONS

 


PAS D'EXPULSIONS, QUE DES OUVERTURES !
NOTRE SQUAT N'EST PAS À VENDRE!

Depuis plus de 6 mois les squatteurs et les squatteureuses du collectif la Victoire et leurs soutiens se sont installés au Pied de Biche, 44 rue Lamartine, à Tours. Ce lieu laissé à l'abandon pendant plus de 10 ans, nous l'avons réouvert et nous nous le sommes réapproprié pour nous loger, nous réunir et nous organiser.
De cette initiative concrète d'autogestion a émergé tout un tas d'activités issues de réflexions sur la gratuité, l'échange, et la marchandisation. Comme par exemple l'atelier de réparation de vélo, la friperie, les bouffes végétariennes et la salle d'expo.
Mais malheureusement nous ne sommes pas les seuls à nous attaquer à la propriété. En effet le lieu que nous occupons a déjà été saisi et une première vente aux enchères a été annulée en raison de notre présence. La volonté de nous expulser se fait de plus en plus menaçante, et quand les vautours de la créance vous tournent autour, c'est la volaille en uniforme qui déboule à la porte...
Actuellement, un peu partout en France les autorités publiques expulsent nos lieux collectifs sans respect des règles juridiques relatives aux expulsions locatives. En faisant notamment passer la procédure civile en délit pénal, comme ce fut déjà le cas à Tours en Juillet 08, place de la victoire!
Non pas que le respect de la loi soit notre priorité ou même une revendication, mais c'est un minimum en deçà duquel nous refusons d'être traités.
Ainsi toute intervention pour nous mettre à la rue, NOTAMMENT PENDANT LA TREVE HIVERNALE, se heurtera à une résistance organisée, ainsi qu'à une série d'interventionS et de perturbationS publiques, à la hauteur de ce que nos précédentes expériences nous ont apprises.
En vérité, il n'y a aucune crise du logement mais une volonté claire, celle des autorités publiques (mairie et préfet) qui malgré la situation refusent d'appliquer la loi de réquisition des logements vides comme le prévoit l'article L-2211 du code général des collectivités territoriales.
Selon leurs propres aveux, il nous reste plus de 2000 logements vides à Tours, pour recréer un autre lieu subversif... Soyez en surs, nous n'y manquerons pas! Nous luttons pour retrouver le contrôle sur nos vies, et pour que celles-ci puissent s'épanouir en dehors des formes figées de la société.
Salutations de ceux qui ont la joie de vivre !
(27 janvier 2009)

 


 


ça prend des couleurs!

 

30 JUILLET 2008
Salut!
Le squatt de la victoire n'est plus, il ressemble à ça, après le passage de la Loi::


Mais le Collectif de la Victoire est toujours là, et un autre lieu est ouvert, depuis... la veille de l'expulsion!! C'est une maison, abandonnée depuis un bout de temps, qui permet d'héberger plusieurs personnes et d'avoir un espace collectif:

La Victoire occupe de nouveau !

La mairie et le bailleur social La Tourangelle nous ont expulsé du 28 et 30 place de La Victoire. Croient-ils qu'une simple expulsion peut nous faire baisser les bras ? Ils pensent que les gardes à vue abusives et les pressions violentes que l'on a pu subir nous ont démobilisé ? Non ! Nous sommes déterminés à continuer notre lutte !

Ce n'est pas en attendant que daignent se bouger les politiques et les institutions que les sans logis de La Victoire auraient eu un logement collectif. Ce n'est pas en attendant des politiques culturelles et sociales de la mairie de Tours que les militants du collectif aurait eu un lieu d'expression et de réunion. Car rappelons que le collectif avait était reçu par Arlette Bosch et qu'il avait pu exprimer ce qu'il souhaitait : une proposition de convention, basé sur le squat des Tanneries à Dijon, avait été proposé à la mairie...

Force est donc de constater que notre projet n'a pas été étudié par la mairie et la société. La Tourangelle. Les décideurs ont préféré murer et laisser à l'abandon ce lieu plutôt que de laisser sa gestion au collectif et aux occupants et occupantes.
Aujourd'hui, à la place des couleurs et de la vie, il y a des parpaings, du ciment, et la façade a été nettoyée au karcher ! Difficile de croire les discours des magouilleurs politiciens et leurs volontés de faire des villes hautes en couleurs, alors qu'à côté ils cassent tout mouvement d'expression culturel et politique. A l'heure de la politique participative, de la décentralisation, les matraques pleuvent sur ceux et celles qui daignent lever la tête et se battre pour une société plus juste, plus solidaire, plus égalitaire... Plus créative !

Le collectif ne s'est donc pas contenté de trouver des logements vides. Il avait investi ce bâtiment pour y porter des projets culturels, sociaux et politiques. Il appartient à chacun de se saisir de la question du logement, de la vie des quartiers et plus globalement de la gestion de la ville.

C'est pour cela qu'en parallèle de l'expulsion de la place de La Victoire, nous avons entamé une autre occupation, pour trouver une solution aux personnes sans logis du collectif, mais également pour que toutes les autres activités du collectif La Victoire et des soutiens (collectif, individus,...) puissent continuer.

Nous occupons donc actuellement un nouveau bâtiment, lui-même laissé à l'abandon depuis de nombreuses années. Ce bâtiment est situé au 44 rue Lamartine, à Tours. Des travaux sont en cours pour rendre le lieu le plus convivial et agréable possible, et nous en appelons à la solidarité, pour de l'aide, du matériel, de l'énergie, de la créativité, des projets, des luttes,...

Les logements vident ne doivent plus l'être !
Nos rues doivent vivre !

Le collectif La Victoire continue !
Contact: la-victoire@laposte.net

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HISTORIQUE du SQUATT DE LA VICTOIRE:

Depuis le 9 juin, un logement a été réquisitionné, place de la Victoire, en hyper centre. Plusieurs personnes sans domicile fixe, précaires ou en instance de le devenir, y ont trouvé un lieu de vie: une grande pièce commune et aux étages des chambres avec salle de bain, coin cuisine... un vrai bonheur! Ces lieux appartiennent à la Tourangelle (office d'HLM gérée par la mairie, socialiste)(au PS quoi!) et sont vides depuis au moins 1 an.
Au rez de chaussée trônait une boutique, un ancien pressing inutilisé depuis trop longtemps, qui après une semaine de nettoyage et de peinturlurage est devenu un formidable local de réunions, d'expos, de débat, de bouffe collective...
La vie et la solidarité s'organise .


REQUISITION DES LOGEMENTS VIDES!

12 juin: ce n'est qu'un début...
28 juin: la lutte continue!
 

04/07/2008:
Procés du vendredi 4 juillet: report au jeudi 10 juillet, nos "contradicteurs" n'ayant pas joint au dossier les pièces nécessaires (ont-ils quelque chose à cacher?...)
En fin de matinée, une délégation du Colectif de la Victoire a été reçue par Mme Bosch, responsable de la question du logement pour la Mairie, elle a bien entendu nos revendications (les personnes présentes dans ce lieu veulent rester là et ne pas être déplacés ailleurs, on y est, on y reste!) mais n'a aucun pouvoir, à part celui de rapporter ces informations au maire...
En soirée, nous sommes allés à l'inauguration officielle de Rayons Frais (festival culturel municipal glacial), distribution de tracts, petit chahut pendant le discours du maire, qui s'est senti obligé de nous faire une spéciale dédicace, nous invitant à aller déranger les mairies qui n'ont pas 30% de logements sociaux...
Et dans la nuit, les bénévoles du festival nous ont invités à prendre le micro, pour une intervention de pirates!


Germain, le pavillon noir flotte au dessus de ta tête...

10/07/2008:
Le 10 juillet, le Collectif la Victoire s’est une nouvelle fois rendu au Tribunal afin de soutenir les 5 habitants du 28/30 place de la Victoire, assignés par la Tourangelle (office d’HLM) à comparaître pour « occupation sans droit ni titre ». Le 4 juillet, la juge avait dû reporter le procès car la Tourangelle n’avait pu fournir la totalité des pièces demandées par la Défense. Les pièces manquantes telles que le titre de propriété du 28 place de la Victoire ou les statuts de la Tourangelle n’ont toujours pas été versées au dossier.

Au cours de l’audience de ce jour, il est apparu que :
- Madame A. Bosch est à la fois adjointe au maire de Tours, spécialement chargée du logement, et vice-présidente de la Tourangelle.
Comment peut-on être juge et partie?!
- La présidente du tribunal, en fonction lors du premier procès, a reçu le mail suivant d‘un policier de Tours:
« Bonjour,
Mon directeur souhaite que je prenne attache avec vous, mais je ne suis pas parvenu à vous avoir au téléphone ce jour.
Le 4 juillet 2008, vous avez une audience avec le DAL (Droit au logement) qui occupe illicitement une habitation place de la victoire à Tours.
Si cela vous est possible, pouvez-vous appeler cette affaire en premier. En effet, le DAL appelle par la suite à manifester et les services de police seront plus à même de les gérer.
Cordialement,
Jean-Pierre Castella. »
Il s’agit d’une véritable ingérence policière, contraire à l’indépendance de la justice.
- La Tourangelle est incapable de justifier de sa propriété du 28 place de la Victoire.
Comment peut-on vouloir expulser des gens de locaux dont on n’est pas propriétaire?!
-La Tourangelle a acheté une première fois, en 1996, à l’association Diocésaine le 30 place de la Victoire. En 2003, la Tourangelle achète de nouveau le 30 place de la Victoire mais cette fois à Madame Martineau. Entre ces deux achats, la Tourangelle n ‘apporte aucune pièce indiquant que ce bâtiment aurait été vendu.
Qui est Madame Martineau? Comment peut-elle vendre un bien qui ne lui appartient pas? Et surtout comment la Tourangelle peut-elle racheter un bien qui lui appartient déjà?!

Il semble manifeste que le 30 place de la Victoire ait servi de support à des tractations financières qui n’ont rien à voir avec ce que nous sommes en droit d’attendre d’un bailleur social. La réquisition de ses locaux par le collectif la Victoire en est d’autant plus légitime. Cela nous renforce dans notre détermination à vouloir signer une convention avec la mairie pour pérenniser cette occupation : le maintien des habitants dans leur logement et la gestion de la salle commune par le collectif.
Cette proposition, faite dès notre arrivée, aurait permis d’économiser à la Tourangelle entre 4000 et 5000 € de frais de procédure (avocats, huissiers…).
Nous avons sollicité un rendez-vous auprès du Parti Communiste, du Parti Socialiste et des Verts, membres de la majorité municipale, afin de connaître leur position face à cette situation.

Le délibéré du procès sera rendu le jeudi 17 juillet à 9h00, nous appelons donc la population tourangelle à nous apporter son soutien à la manifestation de la veille:

RENDEZ-VOUS LE 16 JUILLET À 18H, PLACE DE LA VICTOIRE.

17/07/2008:
Verdict du procès de ce matin à 9h: EXPULSION
Merci Madame la Juge…
C’est super, vous faites le boulot à notre place !
On se fatigue à dire que la « Justice » protège les riches, les puissants et leurs magouilles, au mépris des droits des plus pauvres. Ca fait toujours du bien d’avoir des exemples sous la main. Pas besoin d’aller les chercher à Paris ou dans d’autres villes, on a tout ce qu’il faut à Tours :
En ordonnant l’expulsion des sans logis de la place de la Victoire,
- vous avez choisi de satisfaire la Tourangelle d’HLM, qui ne fait rien de ce local depuis des années, qui n’en a nul besoin dans l’immédiat,
- vous avez choisi de donner raison à cette société qui refuse de montrer la convention qu’elle a avec la ville de Tours,
- vous avez choisi, au passage, le camp de la ville de Tours, dont l’adjointe au maire, en charge des questions de logement, administre aussi, curieusement, la Tourangelle d’HLM,
- vous avez choisi de fermer les yeux sur une belle magouille au terme de laquelle la Tourangelle d’HLM a réussi l’exploit d’acheter ce local deux fois, une en 1996 et une nouvelle fois en 2003, alors qu’elle en était déjà propriétaire ! On se demande encore qui était cette heureuse bénéficiaire de la seconde vente…
- vous avez choisi de donner raison à la police qui qualifiait l’occupation d’ « illicite » avant même qu’un jugement ne soit rendu ,
- vous avez préféré jeté à la rue manu militari quelques pauvres qui ne faisaient de mal ni de tort à personne,
- vous avez choisi de privilégier le sacro-saint Droit à la Propriété au mépris du droit au logement.
Vous avez choisi de nous fournir un bel exemple d’injustice bourgeoise, de nous donner les bâtons pour vous battre…. Merci madame la Juge, nous comptons bien nous en servir !

APPEL À SOUTIEN PERMANENT DEVANT LE 28-30 PLACE DE LA VICTOIRE
EXPULSION POSSIBLE A TOUTE HEURE !!

LES BARRICADES SONT PRETES!!!
21/07/2008:
L'expulsion est imminente, la résistance s'installe...


Barricades et tapis rouge...

 


On met les voiles!
..........!

LA POLICE, LA JUSTICE, LA MAIRIE, LE PROPRIO-BAILLEUR SOCIAL,
FOUTENT LES GENS DE LA VICTOIRE DANS LA RUE !
EH BIEN DEMAIN ON CONTINUE!

Ce mardi 22 juillet 2008, au moment où est envoyé ce communiqué, les locaux du
28-30-32-34 place de la Victoire sont attaqués par les forces de l’ordre bourgeois.
C’est ce qu’avait ordonné le tribunal jeudi dernier, sans aucun délai pour les
habitants.

RÉSISTANCE ! POUR QUE CHACUN AIT UN TOI ET DES LIEUX OÙ SE RETROUVER.
La milice du capital (immobilier!) devra se donner de la peine pour arracher nos
barricades et slogans. Nous les avons hissés pour défendre le lieu que nous avions
investi, habité et animé pendant plus d’un mois 1/2. Les habitants restés dans le
bâtiment ont décidé, une fois la flicaille introduite dans leur logement, de se
laisser pacifiquement sortir. Ainsi certains d’entre eux se retrouvent une nouvelle
fois à la rue, sans autre solution, parce qu’ils ont osé publiquement vivre dans des
lieux vides qu’ils ne possèdent pas. Ainsi, des gens qui ont voulu donner de la vie
(sociale, culturelle, politique) à un lieu mortifié par la spéculation, en sont
empêchés.
En expulsant la Victoire, on veut chasser les pauvres du centre-ville, ceux qui ne
peuvent s’offrir un logement ou des locaux communs.

INTÉRÊTS BOURGEOIS ET MAGOUILLES.
Les différents pouvoirs locaux, s’allient d’un intérêt commun pour défendre la
propriété privée. Le bailleur social La Tourangelle n’est social ici que pour ses
spéculateurs ; ce grand immeuble était vide depuis plusieurs années.
Par sa décision d’expulsion immédiate, la Justice se place contre les usagers et
pour la spéculation immobilière lorsqu’elle considère comme “voie de fait” la simple
occupation d’un lieu vide par des gens qui n’en ont pas le titre de propriété.
La mairie (de même que le PS, le PC et les Verts) a refusé tout dialogue avec les
habitants et a rejeté toute possibilité de conventionnement ; le maire s’était
auparavant déjà prononcé contre la réquisition de logements au motif que cela porte
atteinte à la propriété privée.
L’adjointe au logement Mme Bosch, est aussi admnistratrice de La Tourangelle :
intérêt municipal et financier sont confondus.
La Tourangelle a d’ailleurs refusé de délivrer ses statuts ainsi que la preuve de sa
propriété du n°28 : Comment peut-on demander l’expulsion d’un local dont on
n’atteste pas la propriété? Surtout, la lumière n’est toujours pas faite sur le fait
que ce bailleur social ait acheté deux fois de suite le n°30. La juge a décrété que
l’ensemble des bâtiments n’est qu’un lot, maquillant la réalité de ces magouilles.
Au passage, la juge a répondu a la demande écrite qu’avaient adressé les flics à la
Justice ; ils avaient, avant elle. jugé l’occupation “illicite”.
Notre ville se glorifie de ses 35% de logements sociaux mais cette affaire prouve
que ces services publics sont détournés par et au profit des plus aisés!

2000 LOGEMENTS VIDES 2000 VICTOIRE POSSIBLES!
L’alliance de notables locaux pour escamotter ce qui les dérangent, nous fournit les
bâtons pour les battre, notre détermination n’en est que plus forte. On nous met à
la rue, eh bien nous seront dans la rue! L’expulsion de la Victoire, ce n’est pas un
couperet, c’est le début d’une prolifération. Un lieu qui ferme c’est d’innombrables
autres possibilités que nous envisageons déjà.

UN TOIT POUR TOUS !
VIVE LES OCCUPANTS DE LIEUX VIDES QUI LES FONT VIVRE !
NON À LA SPÉCULATION : NON AUX EXPULSIONS !
SOLIDARITÉ AVEC LES OCCUPANTS DE LA VICTOIRE !

22/07/2008: EXPULSION

CHRONOLOGIE
6H40: Une voiture de la Police Municipale repère les lieux en s'arrêtant place de la victoire.

7H40: Une voiture de la Police Nationale repère les lieux en s'arrêtant place de la victoire.

8H00: réveil de deux résistants de la victoire dont l'un a une conversation avec le chef de chantier. Ils conviennent que les barrières du chantier empruntées seront rendues le lendemain matin au plus tard. (elles servent à faire des barricades à l'intérieur, bah oui, on ne fait pas des barricades avec du papier mâché!!)

8H15: Retour de la même voiture de la PM qui prend des photos de la façade.

8H40: Arrivée une troisième fois de la PM par la rue de la victoire coté travaux ils discutent avec le chef de chantier.

9h15: 15 Flics et deux agents de la BIVP sont sur les lieux. Des nationnaux et des municipaux arrivent progressivement.

9H35: Début du forçage de la Victoire par les flics. Ils enfoncent littéralement la 'porte' et force le rideau de fer avec une scie circulaire.

9H45: Arrestation d'une personne présente sur les lieux car elles prenait des photos. Menottée, baffée, emmenée au poste, elle passera 2H en 'Contrôle d'identité'.

9H55: Arrestation de deux des trois résistants de la victoire, pour 'vol en flagrant délit' (des barrières de chantier). Le troisième est sur le toit, les flics ne peuvent dont pas l'arrêter.

10H00: Arrestation du troisième militant qui a décidé de se rendre. Tous sont conduits au comico.

10H15: Début du déblayage de toute les barricades. Arriver des médias. Arriver des Vigiles.

11H00: Fin du déblayage. La façade est passer au Karcher

14H30: Les fenêtres sont murées.

Les potes arrêtés ressortent vers 20h, avec comme peine, 'un "rappel à la loi"...
Le local collectif est muré à son tour, le lendemain, c'est pas beau à voir...

Mais personne ne dort dehors, on vous l'assure, et la lutte continue!!
2000 logements vides, 2000 victoires possibles!
à très bientôt!


C'est beaucoup moins joli, comme ça!
Et ça va rester rester vide un paquet de temps...

 

 

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REAPPROPRIONS NOUS LA VILLE !

Depuis plusieurs mois le centre-ville de Tours tend à se limiter à un dortoir et à un simple lieu de consommation. Son existence en tant qu’espace de vie et d’échange est mise en danger, notamment par la présence et la répression policière, toujours plus insistante, découlant des décisions politiques de la mairie et de la préfecture. Nous souhaitons réinstaurer le dialogue dans nos quartiers pour insuffler une dynamique de convivialité dans nos rues et commerces. Plusieurs manifestations dans les rues du vieux Tours ont eu lieu, vous trouverez ci dessous des textes et images...,



- Pour que la ville ne devienne pas un simple lieu de passage, de courses ou de consommation
mais qu’elle reste un espace de rencontres, de discussions et d’échanges entre les individus
- Pour que chacun et chacune puisse s’y promener et y vivre librement, sans avoir à déclarer son identité,
sa nationalité, son adresse, sa destination, le pourquoi de sa présence…
- Pour que la culture alternative puisse vivre et s’exprimer
- Pour pouvoir se balader sans croiser une voiture de la police municipale, nationale ou bac toutes les cinq minutes
- Pour se réapproprier notre ville et son espace public, et que nos rues se remettent à vivre
- Pour que les gens retrouvent le sourire…

Contact : delaviedansnosrues@yahoo.fr